C’est en lisant l’alléchante Une du Figaro littéraire du 27 mai dernier — « Et si l’on vivait poétiquement ? » — que je me suis dit : voilà décidément un adverbe dont la signification n’est pas claire. Que faut-il, exactement, pour « vivre poétiquement » ?
On parle souvent des néologismes, ces mots qui apparaissent dans la langue française, généralement par emprunt à des langues étrangères. On parle beaucoup moins des mots disparus. En effet, dans toute langue vivante, il y a des mots qui naissent et des mots qui meurent. Or, certains mots disparus ont laissé des traces dans le vocabulaire actuel… Voici trois exemples.
Paris, capitale de la France, haut lieu d’histoire et de culture, a inspiré maints poètes, et ce, à différentes époques. La poète et universitaire Marie-Claire Bancquart s’est d’ailleurs attachée à étudier ce motif dans Paris des surréalistes et dans Images littéraires de Paris fin de siècle. Plus modestement, je vous propose aujourd’hui de découvrir quelques poèmes dont Paris est le sujet principal.
Qui d’entre nous n’a jamais été confronté à un poème incompréhensible ? S’il est sans doute de mauvais poèmes qui sont autant d’artifices dissimulés sous des apparences savantes, il en est d’autres dont l’obscurité est le signe d’un travail d’élucidation requis par le lecteur, d’autres qui, pour paraphraser Rimbaud, « ne veulent pas rien dire ». La poète et universitaire Gabrielle Althen livre sur Poezibao une passionnante réflexion en trois épisodes sur un poème de René Char.
« le chemin tremble sous la chaleur
la brise passe d’une mâture à l’autre
dans le soleil dansant du soir
lumière filtrante
autre caresse autre douceur
le froissement des aiguilles brunes
piqûre sur les mollets nus
l’odeur de résine encore
qui enfle les poumons »
Citation extraite d’un poème intitulé « La complainte des petits gris »,
par Angèle Paoli, paru dans Nu(e), n°52, Jokari/Enfances, 2012, p. 188.
Pour en savoir plus sur Angèle Paoli, on se reportera à son blog « Terres de femmes ».
Aujourd’hui, je vous propose un petit jeu sur le Nouveau Roman. Celui-ci apparaît dans la France d’après-guerre, au milieu du XXe siècle. Il se propose de rompre radicalement avec des traditions romanesques pluriséculaires, et en particulier avec l’image du roman tel que l’âge d’or balzacien l’a construite et véhiculée. Les conceptions traditionnelles des personnages, du narrateur, des objets, de l’intrigue et du temps sont profondément remises en cause. Saurez-vous retrouver les différents auteurs du Nouveau Roman en vous aidant des portraits suivants ?
Des vagues (KIMsookhyun, Pixabay, libre de réutilisation)
« Il écoute respirer la mer.
Il ne se lasse pas de la regarder, comme on fixe un être endormi, ou le sourire d’un visage peint, comme on regarde obstinément quelque chose que l’on ne voit pas, qui est là cependant. La mer, derrière la mer, dont il ne saurait jamais que les commencements, les plages et les rumeurs, même lorsqu’il quitterait le rivage et partirait se perdre au large, enfin seul avec soi, avec elle, plus que jamais séparé pourtant, ne pouvant espérer la rejoindre autrement qu’en se perdant en elle, dans la défaillance d’un naufrage qui ressemble à l’amour, les poumons pleins de sel, son corps stupide tout gonflé d’eau, flottant comme un paquet avant le repas silencieux des poissons et des crabes. »
Jean-Michel Maulpoix, Portraits d’un éphémère,
Paris, Mercure de France, 1990, II-2, p. 24.
C’est un fait, assez peu de gens lisent de la poésie. Le roman a les faveurs du public comme des médias. Pourtant, il y a aussi de bonnes raisons de lire de la poésie… En voici quelques unes.
Je viens d’apprendre le décès, survenu aujourd’hui, vendredi 1er juillet, d’Yves Bonnefoy, à l’âge de quatre-vingt-treize ans. Ce grand poète, traducteur, essayiste était mondialement connu. Il a incontestablement influencé plusieurs générations de poètes. Cette année même, son recueil le plus célèbre, Du mouvement et de l’immobilité de Douve, a connu une forme de consécration en étant placé au programme de l’agrégation de Lettres modernes.
Saviez-vous que, dans « Vive le roi ! », le premier mot est un verbe ? À savoir, le verbe vivre à la troisième personne du singulier du subjonctif, mode choisi pour exprimer le souhait.
C’est un mot qui résonne en ce moment dans les cours d’écoles : je veux parler du mot kermesse. Son k initial trahit ses origines étrangères. Quelle est donc l’histoire de ce mot ?
A l’approche de la fête de la musique, voici un exemple fameux de présence de la musique dans la littérature. Je veux parler de la « sonate de Vinteuil », évoquée à plusieurs reprises dans la Recherche du temps perdu de Marcel Proust.
Cette année, l’un des sujets du Bac consistait à faire parler un monument. Je me suis amusé à me prêter à cet exercice, sans bien sûr me contraindre à toutes les exigences liées à l’épreuve officielle. J’ai décidé de faire parler un Louvre un peu grognon…Continuer à lire Prosopopée du Louvre→
« Comme la lune est le miroir du soleil, l’eau est de la lumière qui s’enfonce dans la terre, une lumière fraîche, un ciel de septembre.
L’étoile est un feu d’eau, un feu glacé.
Tout devient bleu comme sous une chevelure défaite, un visage assombri par le désir ou le chagrin.
Tout devient bleu, surtout au loin les montagnes. Plus près on voit encore des rochers, des arbres plus clairs que les autres.
Il y a comme une tendre accalmie. »
Philippe Jaccottet, La Semaison, Carnets 1954-1979, Paris, Gallimard, coll. « nrf »,
via l’aperçu de Google Books.
L’accord du participe passé fait partie des subtilités de la langue française. Il existe d’ailleurs des cas difficiles dont nous nous sommes délectés dans un précédent billet. Cependant, une façon plus simple de présenter la règle existe. Elle est présentée par le blog « Chouette, le niveau baisse », dans un billet intitulé « Pistes pour enseigner efficacement l’accord du participe passé ». Alors, que pensez-vous de cette autre règle ? N’hésitez pas à laisser des commentaires !
Jean-Claude Pinson est un philosophe, poète et essayiste français, notamment connu pour son essai Habiter en poète, paru en 1994 aux éditions Champ Vallon. La revue Nu(e), dirigée par Béatrice Bonhomme et Hervé Bosio, lui consacre son prochain numéro.
« En été, le soir, sous les parasols rouges de la terrasse, comme sur le pont d’un grand navire, loin dans les tiédeurs de la mer. »
Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu (1992),
dans Une histoire de bleu, suivi de l’Instinct de ciel,
Paris, Gallimard, 2005, coll. « Poésie », p. 43.
Yves Bonnefoy fait partie, avec Philippe Jaccottet, Jacques Dupin ou encore André du Bouchet, de ces poètes contemporains qui apparaissent sur la scène poétique française d’après-guerre en prenant le contre-pied du surréalisme qui avait dominé la première moitié du siècle. Son premier recueil, Du mouvement et de l’immobilité de Douve, a été suivi par de nombreux autres. Je vous propose aujourd’hui de découvrir le premier poème des Planches courbes.
On peut lire sur le site En attendant Nadeau un intéressant entretien de Jean-Michel Maulpoix, interrogé par Gérard Noiret. Le poète y présente la notion, centrale dans sa pensée, de « lyrisme critique », tout en revenant sur son propre positionnement dans le champ de la poésie contemporaine et sur la situation de la poésie aujourd’hui.
Tout le monde connaît le Christ du Corcovado, écartant les bras au-dessus de Rio de Janeiro. Cette statue monumentale se retrouve au cœur de l’intrigue de la comédie de Patrick Mottard intitulée Le Christ rédempteur de Rauba Capeù. Hier soir, dimanche 5 juin 2016, j’ai assisté à la dernière représentation de la pièce, accompagné de nombreux membres de l’association Brasil Azur.