Archives du mot-clé poésie

Poésie et performance

Les livres permettent de recueillir et de conserver la poésie, mais celle-ci peut aussi s’exprimer oralement. Il s’agit parfois de « lectures publiques » : le poète tient alors son recueil en main, et le lit de façon plus ou moins expressive. Parfois aussi, la poésie s’inscrit dans une véritable performance, et dans ce cas le poème se situe davantage dans sa version orale que dans sa version écrite, cette dernière n’étant alors qu’une partition qui demande à être interprétée. Ma réflexion d’aujourd’hui portera sur cette notion de performance.

Continuer à lire Poésie et performance

Sabine Venaruzzo a arpenté le pays de Grasse pendant un an

Accueillie en tant que poète dans la communauté d’agglomération du Pays de Grasse, Sabine Venaruzzo a arpenté pendant une année scolaire la ville et les villages de ce territoire à la fois urbain et rural. Elle est allée à la rencontre des habitants, et notamment des élèves des écoles et des collèges. De cette expérience unique, elle a tiré un long métrage, réalisé par Frédéric Pasquini, avec une musique d’Éric Longsworth. J’ai assisté à l’avant-première, diffusée à la médiathèque Simone Raybaud à Saint-Cézaire-sur-Siagne.

Continuer à lire Sabine Venaruzzo a arpenté le pays de Grasse pendant un an

Quel pourrait être le thème du prochain printemps des poètes?

Depuis quelques années, le Printemps des poètes nous invite à un voyage poétique autour d’un thème choisi en suivant l’ordre de l’alphabet. Une façon comme une autre de décliner les aspects multiples de la poésie, en fédérant les initiatives des nombreux acteurs locaux autour d’une idée commune. En 2025, une nouveau thème guidera les explorations poétiques, et il devrait commencer par la lettre H. Après l’Ardeur, la Beauté, le Courage, le Désir, l’Ephémère, les Frontières et la Grâce, quel sera le thème du printemps des poètes 2025 ? À vos pronostics !

Continuer à lire Quel pourrait être le thème du prochain printemps des poètes?

La porte bleue

C’est une porte de bois, d’un beau bleu roi, ornée de métal, une porte à l’ancienne avec son gros heurtoir noir. N’ouvrant sur rien, sinon le vide, surplombant la mer et l’horizon infini. Une porte impossible à franchir, sauf à tomber de plus de deux mètres avant d’atteindre les galets. Simplement offerte à l’imaginaire, invitant à la rêverie. N’ouvrant sur rien, ne fermant pas davantage, mais donnant envie, par sa présence même, de la franchir. À quelle autre dimension accéderait celui qui en aurait la clef ? Car c’est bien cela qu’elle suggère. Il n’est pas de promeneur qui n’ait imaginé un monde derrière cette porte. Chacun a rêvé son univers, sa conception personnelle du paradis, son idée particulière du bonheur. Cette porte nous interroge : que voudrions-nous trouver derrière ? Que désirons-nous vraiment ? De quoi avons-nous besoin pour être heureux ? Quelle forme donnerions-nous au manque qui nous constitue ? Cette porte n’est pas magique, elle n’en a pas besoin, puisqu’il suffit qu’elle soit là pour que nous nous posions les bonnes questions. Elle nous rappelle à l’infini de l’horizon, comme un doigt pointé sur l’énigme. Bien vite, le promeneur reprend sa marche, retrouvant le fil de ses préoccupations quotidiennes, sa liste de tâches et d’obligations toutes plus urgentes les unes que les autres, ayant tôt fait d’oublier la porte bleue. Peut-être aura-t-elle malgré tout fait germer l’idée d’autre chose, d’un plus grand bonheur à trouver.

Continuer à lire La porte bleue

Jean-Michel Maulpoix en Poésie/Gallimard

Pour la deuxième fois de sa carrière poétique, Jean-Michel Maulpoix réédite ses recueils dans la prestigieuse collection de poche des éditions Gallimard. Après Une histoire de bleu et L’instinct de ciel en 2005, c’est donc au tour de Rue des fleurs et de Pas sur la neige d’être réunis sous la célèbre couverture glacée, avec une préface d’Henri Scepi.

Continuer à lire Jean-Michel Maulpoix en Poésie/Gallimard

Bientôt : un colloque sur Sylvestre Clancier

L’Université de Nice accueillera un colloque consacré au poète Sylvestre Clancier, les mardi 19 et mercredi 20 mars 2024, sous la direction de Béatrice Bonhomme, Aude Préta-de Beaufort et Stéphanie Le Briz. Ce colloque s’intéressera aux rapports de la poésie et de la tolérance. J’y présenterai moi-même un parcours dans l’oeuvre de Sylvestre Clancier, dont les oeuvres complètes sont parues aux éditions de la Rumeur Libre.

Continuer à lire Bientôt : un colloque sur Sylvestre Clancier

Où préférez-vous aller dans votre ville ?

Où préférez-vous aller dans votre ville ? Longez-vous les boulevards aux vitrines étincelantes, pendant le défilé des limousines, sous les guirlandes de Noël ? Traînez-vous sur la grand-place, les jours de marché, où ça sent le poisson et les épices ? Vous arrive-t-il de vous perdre avec délices dans le dédale des ruelles de la vieille ville ? De traîner un chariot jusqu’au grand magasin ? Que pensez-vous, en passant devant le bar presque vide, qui sent la fatigue et le tabac froid ? Que dites-vous au minot qui se trouve seul, un ballon à la main, sur le trottoir ? Vous arrêtez-vous devant cet homme sans âge, assis sous un porche, dont l’écuelle ne contient que quelques pièces de cuivre ? Aimez-vous les églises, leurs façades percées de vitrails, leurs flèches pointant vers le ciel, leurs clochers ouvragés, leur silence feutré ? Promenez-vous parfois votre mélancolie dans l’ancien cimetière, là où le silence s’allonge sous la pierre ? Montez-vous parfois en haut de la grande roue ? Ou peut-être sur un belvédère, où contempler les toits et les cheminées ?

— Vous n’y êtes pas, très cher. Là où je préfère aller, c’est sur la promenade, là où le ciel ouvre sur l’infini de la mer.

Continuer à lire Où préférez-vous aller dans votre ville ?

Lectures croisées chez Pauline

Chaque troisième jeudi du mois, de 18 h 30 à 20 h, le café culturel « Chez Pauline » se remplit de passionnés de poésie. Marilyne Bertoncini, fondatrice de l’association « Embarquement poétique », a invité, pour ce nouveau « Jeudi des mots », Patrick Quillier et Hoda Hili.

Continuer à lire Lectures croisées chez Pauline

Patrick Quillier et Hoda Hili à l’affiche du prochain « Jeudi des mots »

Ce sont deux poètes que je connais bien, et que je suis heureux de compter parmi mes amis, qui seront à l’honneur du prochain « Jeudi des mots », cette soirée mensuelle organisée par Marilyne Bertoncini, désormais dans le cadre de l’association « Embarquement poétique ».

Continuer à lire Patrick Quillier et Hoda Hili à l’affiche du prochain « Jeudi des mots »

Un Zoom des poètes

Marilyne Bertoncini, poète, traductrice et passeuse de poésie, et Ariel Tonello, poète, traducteur et professeur, ont joint leurs forces pour présenter, coordonner et animer un « Zoom des poètes » autour de la Matière noire du poème. L’occasion d’évoquer la part obscure du poète, le côté sombre de la poésie, à la suite de l’anthologie numérique publiée sur le site « Jeudidesmots.com », mais aussi de revenir sur la façon dont les poètes ont vécu cet épisode si particulier du confinement.

Continuer à lire Un Zoom des poètes

Poème sur la rentrée à l’usage des enfants

Il a repris le chemin de l'école
Avec son cartable et ses beaux souliers,
Prêt à tenir jusqu'au bout son grand rôle,
Il a repris sa trousse, ses stylos, ses cahiers.
Il a plein la tête des histoires drôles
Qu'il rêve de répéter aux écoliers,
Il a repris sa plume, son compas, sa fierté,
Décidé à montrer, lors du prochain contrôle,
Sa détermination et sa pugnacité.
Il a repris son ballon de football
En mousse dans la cour désertée,
Il a repris ses rêves, sa joie, sa liberté.
Continuer à lire Poème sur la rentrée à l’usage des enfants

Rencontres d’Aiglun 2023 : jour 2

Après une première journée au Hangar de Sigale, c’est dans l’église d’Aiglun que se sont tenues les opérations poétiques de la deuxième journée des Rencontres de parole. Pour l’occasion, l’entrée de l’église accueillait une exposition des tableaux géométriques de Xavier Giovannetti, peintre aiglenois dont la galerie se trouve à proximité immédiate de l’église. Au programme de la journée, vingt passages de poètes, d’une vingtaine de minutes chacun, rassemblés en « sets » par groupes de trois.

Continuer à lire Rencontres d’Aiglun 2023 : jour 2

Le baiser en poésie

Je l’ai su avec un peu de retard, d’où cette parution un peu décalée, mais qu’importe. Jeudi dernier, 6 juillet, c’était la journée internationale du baiser. Une occasion comme une autre d’évoquer ce thème, que je trouve amusant à traiter. En effet, souvent, on trouve des considérations sur l’amour en général, je crois que c’est d’ailleurs un thème poétique travaillé au collège. Il est beaucoup plus rare de trouver des réflexions sur le thème plus précis du baiser. Cela promet des poèmes plus légers, plus amusants, voire plus coquins… Petit tour d’horizon du baiser en poésie, du Moyen-Âge à nos jours.

Continuer à lire Le baiser en poésie

Grabuge : anthologie numérique

Il y a, auprès du grand public, un malentendu persistant à l’endroit de la poésie, sans doute partiellement entretenu par l’école. La poésie, trop souvent, apparaît comme une façon d’enjoliver le langage, comme un discours oisif et inutile, une rêverie certes jolie mais insignifiante, une façon compliquée de parler pour ne rien dire. C’est passer à côté de ce qu’est la poésie.

Continuer à lire Grabuge : anthologie numérique

Qu’est-ce qu’un mauvais poème ?

Définir les critères qui font un bon poème, cela me paraît une gageure inaccessible et une opération contestable, qui reviendrait à se poser en garant du bon goût et en donneur de leçons, donc en une position illégitime. En effet, l’écriture poétique n’est plus soumise qu’aux règles que le poète s’impose à lui-même. Il n’est aujourd’hui plus possible de considérer qu’il suffirait de respecter une liste de principes, comme une recette, pour faire un bon poème. Pourtant, sauf à verser dans la plus totale ingénuité, il faut admettre que tout ne se vaut pas, qu’il y a des poèmes meilleurs que d’autres, que certains deviendront des classiques quand d’autres seront vite oubliés. Aussi, prenant les choses à rebours, pourrait-on se demander ce qui fait un mauvais poème.

Continuer à lire Qu’est-ce qu’un mauvais poème ?

Les cinq continents en poésie

La poésie n’est pas seulement française. Il s’agit d’une lapalissade, et pourtant, le fait mérite d’être rappelé. Si la poésie française contemporaine est méconnue du grand public, la poésie étrangère est tout autant ignorée, voire davantage encore. Aujourd’hui, je vous propose un petit voyage poétique autour des cinq continents.

Continuer à lire Les cinq continents en poésie

Jacques Demarcq, Claude Ber et James Sacré aux éditions Unes

Mercredi 24 mai 2023, 19 h. Au siège des éditions Unes, rue Pauliani à Nice, il faut ajouter des chaises pour accueillir l’assistance. Trois poètes, et non des moindres, vont se succéder pour lire des extraits de leur oeuvre. Jacques Demarcq, James Sacré et Claude Ber étaient les invités des éditions Unes, dans le cadre de la Périphérie du Marché de la Poésie de Paris.

Continuer à lire Jacques Demarcq, Claude Ber et James Sacré aux éditions Unes