Quand la scène ouverte devient tournoi

Ça se passait à Nice, vendredi soir, au café littéraire « Chez Pauline », à deux pas du port. Une nouvelle fois, la salle était comble. Au menu, ce soir : des croque-monsieur, de la bonne humeur, et surtout, de la poésie, vivante et populaire.

Un tournoi de slam

Certaines choses ne changent pas : la soirée était animée par le jovial Michel Saint-Dragon. Et un principe inaltérable : un poème dit, un verre offert.

Mais ce soir-là, la soirée a pris la forme d’un tournoi. Conformément à ce qu’est en principe le slam. Avec pour enjeu de désigner l’équipe qui portera les couleurs de Nice sur les scènes nationales. Trois finalistes doivent donc être désignés.

Michel me demande si je veux participer. J’acquiesce, bien entendu, même si mon but est avant tout de m’amuser. L’esprit de compétition m’insupporte et c’est d’ailleurs cette allergie à la performance qui, plus jeune, m’a rendu hostile aux cours d’EPS.

Les règles du jeu

Une fois que tout le monde est arrivé et s’est installé, Michel Saint-Dragon explique les règles du jeu. Trois minutes maximum, pas d’accompagnement musical, et un texte personnel. L’ordre des candidats est défini par tirage au sort : une « main innocente » pioche les noms dans un chapeau. Les cinq membres du jury sont invités à noter sur dix, avec des valeurs décimales qui évitent les ex æquo. Une notation subjective, avec des critères qui sont personnels à chacun. La meilleure et la moins bonne note seront exclues du calcul de la moyenne.

Avant mon passage, je cherche une idée qui soit percutante à l’oral. Il faut éviter de lire. Alors, je choisis d’improviser sur un motif qui m’est cher : les tout premiers poètes niçois, ces chamanes qui gravèrent la vallée des Merveilles sur le mont Bégo, à proximité des plus hauts sommets qui tutoient les 4000 mètres d’altitude. J’ai déjà écrit un poème sur le sujet, mais je n’ai jamais fait l’effort de le mémoriser. Par conséquent, j’improvise, avec d’autant plus de facilité peut-être que je ne cherche pas à gagner à tout prix.

J’écoute avec plaisir les différents participants, qui scandent leur slam avec aisance et brio. Ils sont tous très forts. J’applaudis en particulier mes amis Ariel, Khaled et Milan.

Les étapes suivantes : avril et juin

Pendant la pause, le jury fait les comptes. Michel Saint-Dragon m’a annoncé que je fais partie des cinq qualifiés pour le deuxième round. Je suis arrivé quatrième. Je suis très heureux, car ça veut dire que mon impro a fonctionné. Michel m’annonce que, si je suis parmi les trois finalistes de ce soir, il faudra constituer une équipe pour la demi-finale en avril dans la région, puis pour la finale à Tours en juin prochain. Il y aura du travail d’écriture collectif, un travail d’équipe mais aussi un travail individuel. Et la nécessité d’apprendre par cœur les textes.

J’explique alors à Michel que je ne peux pas m’imposer cette charge de travail supplémentaire, au vu de mes obligations professionnelles et universitaires. Je participerai au deuxième round pour le plaisir, mais si j’arrivais parmi les trois premiers, je céderais ma place au suivant.

Je choisis un poème que j’affectionne particulièrement. Il s’intitule « Enfance », et il est construit sur un jeu de redites et de relances qui peut faire son effet à l’oral. Ce poème ne m’a pas permis de me placer en position qualifiable, mais je suis satisfait non seulement de ma note supérieure à 8, mais aussi et surtout de l’écoute religieuse du public. Ce poème est peut-être moins taillé pour le slam que pour la poésie. Michel l’a d’ailleurs qualifié de poème « littéraire », ce qui est un beau compliment.

Trois finalistes pour constituer une équipe

Trois slammeurs — Khaled, Elvis et Marie-Lune — se qualifient donc pour constituer l’équipe de slam dont Michel Saint-Dragon sera l’entraîneur. En cette période où l’on ne parle que de foot, il est agréable de savoir qu’il existe aussi des compétitions de poésie. Et l’équipe constituée ce soir est une belle équipe. J’aurai plaisir à la soutenir : moi qui déteste le football, j’endosse dès à présent le maillot de supporter, désireux de soutenir cette équipe dont je vous reparlerai forcément. Une belle équipe de poètes, dont je vous présenterai les membres prochainement.

Pour conclure, je remercie Michel Saint-Dragon et Pauline pour leur engagement pour la poésie vivante et pour leur accueil. À bientôt pour de nouvelles aventures !


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Un commentaire sur « Quand la scène ouverte devient tournoi »

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