Archives du mot-clé citation

« Écrire fait tomber dans la chambre quelques chutes de pluie fine. Cette eau n’est d’abord qu’un désir, la perpétuation d’un transparent rapport avec le vide, ou le sentiment d’étrangeté attaché au simple fait d’être là, lorsque l’existence déliée s’éprouve d’elle-même toute seule, telle quelle, injustifiée, limpide et stupéfaite. »

Jean-Michel Maulpoix, Chutes de pluie fine, Paris, Mercure de France, 2002, p. 158.

« L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,
L’infini roulé blanc de ta nuque à tes reins,
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles,
Et l’Homme saigné noir à ton flanc souverain. »

Arthur Rimbaud, Poésies 1870-1871,
dans Poésies, Une Saison en enfer, Illuminations,
Paris, Gallimard, coll. « folio classique », p. 114.

« Les mots parfois se précipitent.

La page bleuit, s’étale, se déplie, s’allonge, bientôt plus vaste que la mer. Elle se lève et forcit. Elle prend vers le ciel son essor. On voudrait croire alors qu’elle n’est plus ce vain chemin d’encre qui se hasarde vers nulle part, mais le cœur retrouvé de l’amour. »

Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu (1992, rééd. 2005),
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », III-7, p. 61.

Un poème pour l’automne : Paul Verlaine

En ce jour grisonnant, j’ai eu envie de partager avec vous quelques remarques à propos d’un très célèbre poème de Paul Verlaine. Le poète pouvait-il se douter que sa « Chanson d’automne » connaîtrait le succès que l’on sait, chantée par Brassens, Trenet et Ferré ? Ce poème, extrait des Poëmes saturniens, inscrit dans une série de « paysages tristes », possède des qualités qui justifient pleinement ce succès.

Continuer à lire Un poème pour l’automne : Paul Verlaine

« Et peut-être la vie d’un homme n’est-elle somme toute que cela : une succession mal définie de naissances et de trépas imaginaires. On se plaît à la concevoir unique et continue, semblable à un fleuve qui s’écoule de sa source vers son embouchure, on lui prête une orientation et un destin, on la dit glorieuse ou maudite, quand elle n’est, en définitive, qu’un tas de papiers froissés, couverts de ratures et de taches. »

Jean-Michel Maulpoix, L’Écrivain imaginaire,
Paris, Mercure de France, 1996, I-1, p. 11-12.

« J’aime que le papillon de nuit fasse preuve d’un souverain mépris à l’égard de nos occupations savantes et choisisse de vivre à l’heure frileuse où les hommes ronflent sur le dos pour la plus grande joie des étoiles moqueuses et de la mort. »

Jean-Michel Maulpoix, La Parole est fragile,
Manier-Mellinette, Imprimerie de Cheyne, Le Chambon sur Lignon, 1981, III-1, p. 27.

« Je me souviens qu’un été récent, alors que je marchais une fois de plus dans la campagne, le mot joie, comme traverse parfois le ciel un oiseau que l’on n’attendait pas et que l’on n’identifie pas aussitôt, m’est passé par l’esprit et m’a donné, lui aussi, de l’étonnement. »

Philippe Jaccottet, « Le mot joie », Pensées sous les nuages,
dans A la lumière d’hiver, suivi de Pensées sous les nuages,
Gallimard, coll. « Poésie », 1994, p. 121.

Victor Hugo : « J’ai mis un bonnet rouge à mon dictionnaire » (solution du jeu)

La semaine dernière, je vous avais proposé un petit jeu, consistant à retrouver la citation qui se cachait derrière une illustration représentant un dictionnaire coiffé d’un bonnet rouge.

Continuer à lire Victor Hugo : « J’ai mis un bonnet rouge à mon dictionnaire » (solution du jeu)

Jeu : À quelle citation ce dessin vous fait-il penser ?

Je vous propose aujourd’hui, où ce blog fête ses trois mois d’existence, un nouveau petit jeu. Je pense qu’il sera un peu plus facile que les précédents. Alors voilà : une citation très célèbre se cache derrière la petite illustration ci-dessous. Saurez-vous la retrouver ?

Continuer à lire Jeu : À quelle citation ce dessin vous fait-il penser ?

Que dire encore ? J’aime le bleu. C’est la couleur des gendarmes, des yeux de maman et des rideaux de ma chambre. Ceux de mon âge, en général, préfèrent le rouge. Mais c’est ainsi, j’ai le goût du grand large et de la maréchaussée.

Jean-Michel Maulpoix, Journal d’un enfant sage,
Paris, Mercure de France, 2010, p. 21.